Visons déjà l’après Covid-19

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by Tsonyadzi Gadiel 06 May 2020 1 commentaires 1820 Vues

Le Prof. Majesté Watéba Ihou, Infectiologue, Doyen de la faculté des sciences de l’Université de Lomé, a, dans une déclaration, en avril passé, félicité le chef de l’État togolais Faure Gnassingbé pour son « leadership », dans la gestion de la crise sanitaire causée par le Coronavirus. Le prof. Watéba-Ihou est le médecin en Chef  qui patronne toutes les activités de la prise en charge des personnes testées positives au Coronavirus au Togo.  C’est rare une telle déclaration venant d’un médecin et surtout d’un personnage comme lui. La plupart du temps le corps médical a l’habitude de tirer à boulet rouge sur les autorités, soit pour leur condition vie, soit pour leurs conditions de travail, la vétusté des formations sanitaires et du plateau technique. Ceci veut dire que, si on se réfère à sa déclaration de l’infectiologue, le gouvernement  joint les actions aux paroles. Si pour l’acquisition de respirateurs, de masques et autres produits et équipements pour renforcer le centre national de prise en charge, et des autres formations sanitaires,  le prof. Watéba-Ihou, avec son franc-parler qu’on lui reconnait,  déclare que le corps médical est à 80% satisfait de l’accompagnement de l’Etat togolais, le peuple togolais ne peut que dire : Amen !


Les états généraux de la santé


L’épidémie du Covid-19 a fait ressortir toute la faiblesse du système de santé du Togo. En 2013, dans une adresse à la nation togolaise, le Président de la République a convoqué l’organisation des états généraux de la santé. Mais, coup de théâtre ! Cette rencontre reportée plusieurs fois s’est finalement vaporisée de l’agenda présidentiel. Sept ans après, le peuple togolais n’a jamais été informé des raisons de cette tournure des événements. Malgré les tentatives des projets comme Santé BIDC, l’approche contractuelle, et autres financements des partenaires techniques et financiers, le système de santé du Togo est plus malade qu’il y a de cela 7 ans. Ce besoin de diagnostiquer le secteur de la santé au Togo afin de trouver les stratégies idoines pour son développement, demeure intact. Après l’épidémie du Coronavirus, il sera salutaire que le Chef retourne sur cette ambition de 2013. C’est un passage obligatoire.


Le financement de la santé à 15% (conférence d’Abuja)


En 2000 à Abuja (Nigéria), les Chefs d’Etats africains sous la coupole de l’Union Africaine (UA) ont signé accorder au moins 15% de leur budget national au financement de la santé. Car, si le continent africain veut aller au développement, il doit avant tout bien assurer la santé des populations. Vingt ans après, la situation du financement de la santé est loin des ambitions nourries à Abuja. Plusieurs pays africains ont passé le temps à faire la rhétorique politico politicienne sur le financement de la santé. Selon un rapport sorti en 2012 « Abuja+12 Construire l’avenir de la santé en Afrique » par l’ONUSIDA et l’UA, les premières années qui ont suivi Abuja, un certain nombre de pays ont fait des efforts. « De 2001 à 2011, les budgets de santé au sein des États membres de l’UA ont augmenté de 9 à 11 % des dépenses publiques. Six États membres de l’UA (Libéria, Madagascar, Malawi, Rwanda, Togo et Zambie) ont atteint l’objectif d’Abuja consistant à affecter 15 % des dépenses publiques à la santé », (Abuja+12 Construire l’avenir de la santé en Afrique, page 4). Oui, le Togo cité en bon exemple avec l’appui des partenaires pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Aujourd’hui, on est loin de cette époque, le financement accordé à la santé a complètement chuté. Mais concrètement est-ce que ces financements antérieurs ont permis au secteur de la santé de faire un bond vers sa performance ? Non. De toutes les façons, l’heure est à la gestion de l’épidémie du Covid-19. Mais commençons par poser des réflexions sur l’après crise.  Plus jamais la santé ne sera gérée  telle qu’elle l’a été jusqu’alors.

                                                                                                                              Gamé KOKO

1 Commentaire


  • Jean-Claude OFFRIDAM

    Bravo

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