« Amanda toto » : consommer avec modération
- Posted on 15/05/2026 13:46
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Plat emblématique de la cuisine africaine, particulièrement populaire en Côte d'Ivoire, « alloco » et très apprécié au Togo, « amandan toto », la banane plantain frite, occupe une place de choix dans l’alimentation quotidienne de nombreuses familles.
Plat
emblématique de la cuisine africaine, particulièrement populaire en Côte
d'Ivoire, « alloco » et très apprécié au Togo, « amandan
toto », la banane plantain frite, occupe une place de choix dans
l’alimentation quotidienne de nombreuses familles. Toutefois, des spécialistes
en nutrition appellent à une consommation modérée afin de prévenir certains
risques sanitaires liés à l’excès de fritures.
Ce
mets savoureux se distingue par sa texture fondante ou croustillante et sa
légère touche sucrée. Consommé aussi bien en encas qu'en accompagnement de
plats plus consistants, l'alloco s'associe souvent à du poisson braisé, du
poulet grillé ou une sauce épicée.
Un
plat riche en calories et en matières grasses
Le
Dr Kponou Tobossi, spécialiste en biochimie et nutrition cliniques, fait savoir
que « amandan toto est avant tout une source importante de glucides,
car la banane plantain est naturellement riche en amidon et présente aussi une
teneur élevée en fibres (5,8 g pour 100 g) ce qui contribue à la sensation de
satiété et la bonne santé intestinale ».
La
banane plantain est « une source précieuse de minéraux tels que le
magnésium, le phosphore, le fer, le manganèse, le cuivre, et le potassium qui
favorisent la régénération cellulaire, la solidité des os et des cartilages, le
bon fonctionnement musculaire ainsi que la régulation du rythme
cardiaque », informe Dr Kponou Tobossi, au cours d’une sensibilisation
menée au marché de Hanoukopé, dans le cadre de la 7ᵉ édition du Marché de
l’alimentation du Bien-Etre et de la Santé au Togo (MaBEST).
La
banane plantain contient également de « la vitamine C, qui permet
d'améliorer les défenses naturelles, de prévenir les infections virales et de
se maintenir en bonne forme. Elle assure également un apport en vitamines B6 et
B9, connues pour leur effet antioxydant », souligne le spécialiste.
Une
portion de 200 g d'alloco apporte environ 400 à 450 kcal, dont 20 à 25 g de
lipides en fonction de l'huile utilisée selon les données de l'American Journal
of Food Science and Technology. « Une fois frite, la banane plantain
devient encore plus calorique en raison de l'absorption d'huile. Cette
combinaison en fait un aliment énergétique, mais aussi un facteur potentiel de
prise de poids si consommé en excès. L'alloco est un aliment qui est
quand même particulièrement gras et sucré à la fois », précise Dr Serges
David Kodjo, médecin endocrinologue, diabétologue nutritionniste au CHU
Sylvanus Olympio.
Pour
les personnes qui ont des problèmes d'ordre cardiovasculaire, « manger
des fritures de manière régulière va entraîner des problèmes au niveau artériel
et donc des complications d'une maladie déjà préexistante. De plus, la friture
entraîne une augmentation significative de la teneur en lipides, notamment si
elle est réalisée avec des huiles peu saines ou réutilisées plusieurs
fois », renseigne Dr Serges David Kodjo, nutritionniste. Une
consommation excessive de matières grasses peut favoriser l'accumulation de
graisse corporelle et nuire à l'équilibre alimentaire, fait-il savoir.
L'impact
sur la santé cardiovasculaire
Une
étude des chercheurs de la revue « Heart of British Medical
Journal » indique qu'une consommation régulière d'aliments frits peut
accroître le risque de maladies cardiovasculaires de 22 % et d'accidents
vasculaires cérébraux de 28 %.
L'une des principales préoccupations liées à la consommation excessive d'alloco est son impact sur la santé cardiovasculaire comme l'indique Dr Tobossi : « Les huiles utilisées pour la friture, surtout lorsqu'elles sont riches en acides gras saturés ou trans, peuvent augmenter le taux de mauvaises graisses ».

De
plus, une consommation régulière d'aliments frits a été associée à un risque
accru de diabète de type 2. En outre, Dr Serges Kodjo, ajoute que la
consommation régulière d'aliments frits « augmente aussi les risques de
reflux acide en affaiblissant le sphincter œsophagien. Alors, la combinaison de
sucres rapides issus de la banane mûre et de matières grasses peut perturber le
métabolisme et contribuer à des déséquilibres dans la régulation du glucose
sanguin ».
L'impact
sur le foie et d’autres tissus
Dr Tobossi ajoute par ailleurs que l’excès d’alloco (glucides + lipides) implique avec nos réalités culinaires locales (huile douteuse ou réutilisée) l’absorption d’acides gras saturés dont les produits de dégradation donnent des composés toxiques et délétères. Le sucre rapide du plantain combiné aux acides gras fournit assez de calories dont les surplus sont stockés dans le foie sous forme de « triglycérides ».
On assiste à la longue au phénomène de
foie gras ou « stéatose » et aussi d’adiposité viscérale (accumulation
de graisses sur les intestins). Ces deux phénomènes sont d’une part sources
indirectes d’hyperglycémie prolongée et de surexploitation rénale car le foie
transforme ces graisses en sucre (glycogenèse hépatique de novo), et d’autre
part source de destruction endogène du foie lui-même allant de simple
inflammation au cancer du foie métabolique.
Astuces
pour une consommation plus équilibrée
Il est possible de profiter du goût délicieux de l'alloco tout en adoptant des habitudes plus saines et en contrôlant les portions. Dr Tobossi prodigue des conseils suivants : « privilégier des modes de cuisson plus sains en optant pour la cuisson à la vapeur ou à l’eau, au four, ou à la poêle avec très peu d'huile, ceci permet de réduire significativement l'apport en matières grasses. Consommer de petites quantités d'alloco en l'associant à des aliments riches en fibres et en protéines, comme des légumes ou du poisson (en ragoût), permet d'équilibrer le repas. Les fibres qu'on a dans les légumes permettent d'absorber une partie des graisses et du sucre du repas ».
Le
spécialiste recommande d’utiliser des huiles locales de meilleure qualité,
entre autres l'huile d'arachide « kuklui », l’huile de noix palmiste
« nèpimi », qui contiennent des acides gras plus bénéfiques pour
l'organisme.
William
O.