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CHU-SO : bébé volé, résultat d’un système de sécurité défaillant

CHU-SO : bébé volé, résultat d’un système de sécurité défaillant
Extrait de l'article: Un nouveau-né est enlevé dans la maternité du CHU Sylvanus Olympio ce 17 septembre 2026. Une personne voilée serait à l’origine de cet enlèvement. Quelques jours plus tard, la réponse de l’hôpital tombe, entre autres mesures : l’interdiction du...

Un nouveau-né est enlevé dans la maternité du CHU Sylvanus Olympio ce 17 septembre 2026. Une personne voilée serait à l’origine de cet enlèvement. Quelques jours plus tard, la réponse de l’hôpital tombe, entre autres mesures : l’interdiction du niqab et de la burqa. Mais derrière cette décision se cache une question autrement plus importante : comment une personne étrangère a-t-elle pu entrer dans une maternité, accéder à un nouveau-né et ressortir avec lui dans l’un des établissements hospitaliers les plus importants du Togo ?

Le nouveau-né enlevé est une fillette. Selon les premières explications de la direction du CHU-SO, une femme aurait profité de la sortie momentanée de la personne chargée de surveiller le bébé pour s’en emparer. La gendarmerie enquête et les images de vidéosurveillance sont exploitées.

Mais en réalité, cette affaire révèle surtout une grosse faille dans le système de sécurité au CHU SO. Dans une maternité, particulièrement dans un grand hôpital de référence, l’accès aux nouveau-nés devrait être strictement contrôlé. Qui entre ? Qui sort ? Qui accompagne une mère ? Qui peut prendre un bébé ? Où sont les contrôles aux accès des services sensibles ? La réponse ne peut donc pas être uniquement vestimentaire.

Niqab et burqa interdits

A titre de réaction et parmi les mesures prises, le CHU-SO interdit désormais le niqab et la burqa, au motif qu’ils compliquent l’identification des personnes. L’objectif de sécurité peut se comprendre. Mais la mesure soulève une question très sensible, car on connaît la tranche de la population qui porte ce genre de tenues. Cette mesure peut être perçue comme stigmatisante et, dans certaines circonstances, dissuader des personnes concernées d’accéder aux soins.

Dès lors, plutôt que d’instaurer une interdiction générale dans tout l’hôpital, pourquoi ne pas prévoir, dans les zones sensibles comme la maternité, une procédure d’identification contrôlée par des agents habilités, tout en respectant la dignité et les convictions socioreligieuses ?

Une mesure de sécurité doit viser le risque réel, sans transformer une tenue ou une catégorie de la population en suspect permanent.

Le problème est plus profond

Le CHU-SO est une formation sanitaire confrontée à de multiples problèmes. Cette affaire d’enlèvement de bébé remet au cœur du débat la question, maintes fois soulevée, des grandes réformes nécessaires pour relever les performances de cet établissement. Le vol de bébé n’est certainement pas le premier incident de ce genre dans cet hôpital.

C’est pourquoi l’enlèvement actuel doit être un électrochoc. Il ne suffit pas de poser des panneaux interdisant certaines tenues. Le CHU-SO est, a priori, l’hôpital national de référence. La disparition d’un bébé dans ses murs ne peut être traitée qu’avec la plus grande gravité.

Il faut auditer la sécurité, contrôler réellement les accès, identifier les accompagnants, sécuriser les maternités et vérifier les dispositifs de vidéosurveillance. Il est également indispensable d’établir les responsabilités : qui est recruté et payé pour assurer la sécurité de la maternité ? Qui est responsable de la sécurité dans cet hôpital ?

L’émotion suscitée par cette affaire dans la population est grande. Selon certaines sources, cette enfant serait née par césarienne. En plus de la peine liée à cette opération, sa maman n’aura peut-être jamais la chance de revoir son enfant.

Que toutes les mesures légales et professionnelles soient prises pour qu’une telle situation ne se reproduise plus jamais.

Gamé KOKO

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

Un nouveau-né est enlevé dans la maternité du CHU Sylvanus Olympio ce 17 septembre 2026. Une personne voilée serait à l’origine de cet enlèvement. Quelques jours plus tard, la réponse de l’hôpital tombe, entre autres mesures : l’interdiction du...

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