Crise cardiaque : signes et prévention
- Posted on 30/09/2026 14:30
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: La crise cardiaque, aussi appelée infarctus du myocarde, est l’une des principales causes de mortalité dans le monde. En 2023, les « cardiopathies » (non spécifiées précisément comme crise cardiaque) ont représenté 876 hospitalisations avec 13 décès
La
crise cardiaque, aussi appelée infarctus du myocarde, est l’une des principales
causes de mortalité dans le monde. En
2023, les « cardiopathies » (non spécifiées précisément comme crise cardiaque)
ont représenté 876 hospitalisations avec 13 décès dans les données nationales.
Qu’est-ce qu’une crise cardiaque ? Comment réagir face à une situation
d'urgence ? De la prévention au traitement, voici l'essentiel sur ce bourreau
des cœurs avec les spécialistes.
La crise cardiaque peut toucher tout le monde : les jeunes comme les personnes âgées, les femmes comme les hommes. Malheureusement, personne n’est à l’abri d’une crise cardiaque. « Lorsqu’un caillot bouche une artère coronaire, le cœur est brutalement privé d’oxygène. Très rapidement, les cellules cardiaques privées d’oxygène meurent. Il faut réagir vite pour éviter des complications qui peuvent mener à l’arrêt cardiaque », avertit Pr René Baragou.
Pr. Baragou examinant un
patient
Urgence vitale
La crise cardiaque, aussi appelée infarctus du myocarde, est une urgence médicale grave. Elle survient lorsque l’un des vaisseaux qui alimentent le cœur en sang se bouche, empêchant le muscle cardiaque de recevoir l’oxygène nécessaire à son bon fonctionnement. Le Pr Jean-Marie Damorou, Professeur titulaire de cardiologie, responsable du Programme national de lutte contre les maladies cardiovasculaires fait comprendre que « le sang est le carburant essentiel, alimentant d’abord le cœur avant de nourrir le reste de l’organisme. Dans les conditions normales, le cœur reçoit le sang nécessaire pour fonctionner correctement. Cependant, des problèmes surviennent lorsque le sang ne circule pas bien. Cela peut entraîner deux situations : une crise majeure, connue sous le nom d’infarctus du myocarde, ou une crise mineure, l’angine de poitrine ».
L’infarctus désigne « l’obstruction d’une ou de plusieurs artères coronaires, qui sont les
artères nourricières du cœur. Celui-ci n’est donc plus approvisionné en sang et
en oxygène. Cette obstruction résulte, dans la grande majorité des cas, de la
rupture d’une plaque d’athérome, correspondant au développement de graisses,
c’est-à-dire de lipides, sur la paroi des artères », souligne Pr. Baragou.
L’infarctus se produit lorsque les artères qui
alimentent le muscle cardiaque se bouchent, souvent à cause du mauvais
cholestérol, entraînant un blocage de la circulation sanguine. « Si le flux sanguin est complètement
interrompu, une partie du muscle cardiaque peut mourir, ce qui est appelé
athérosclérose. En revanche, l’angine de poitrine se manifeste lorsque le cœur
ne reçoit pas suffisamment de sang lors d’un effort, provoquant une
douleur », fait savoir Pr Damorou.
Ainsi, l’infarctus et l’angine sont deux formes de
crises cardiaques, représentant des niveaux différents de gravité en fonction
de l’apport sanguin au cœur. Pour le commun des mortels, ces deux situations
sont appelées les crises cardiaques. Si la crise
cardiaque n’est pas prise en charge rapidement, elle peut entraîner des
dommages irréversibles, voire la mort.
Les artères du cœur sont obstruées
La tension artérielle est étroitement liée à
l’athérosclérose, qui peut entraîner des crises cardiaques ou des problèmes de
tension. « Par ailleurs,
l’hypertension artérielle est également un facteur de risque pour
l’athérosclérose. Un autre facteur préoccupant est la sédentarité, c’est-à-dire
le manque d’activités physiques ; ne pas bouger peut raccourcir la vie »,
évoque le professeur titulaire de cardiologie.
Les causes des crises cardiaques peuvent être regroupées en deux catégories : les facteurs de risque de l’athérosclérose et l’athérosclérose elle-même. Cette dernière résulte du dépôt de mauvaises graisses dans les parois des artères coronaires qui alimentent le cœur.

Pr Damorou montre que « lorsque ces vaisseaux sont obstrués, le muscle cardiaque ne
reçoit plus suffisamment de sang. Si une grande partie du muscle est touchée,
cela peut être fatal, tandis qu’une atteinte limitée entraîne un
dysfonctionnement cardiaque ».
Koffi, 40 ans, Electricien-bâtiment à Lomé ayant
survécu à une crise cardiaque raconte son expérience : « J’ai ressenti une douleur intense dans la poitrine alors que je
jouais avec mes petits-enfants. Au début, j’ai pensé que c’était juste de la
fatigue, mais la douleur ne partait pas. J’ai été conduit d’urgence à l’hôpital
où ils m’ont dit que j’avais eu un infarctus. Grâce à un traitement rapide,
j’ai survécu, mais cela m’a ouvert les yeux sur l’importance de la prévention.
Je fais maintenant attention à mon alimentation et j’essaie de marcher tous les
jours ».
Facteurs de risque de l’athérosclérose
Les facteurs de risque de l’athérosclérose se divisent en deux catégories : non modifiables et modifiables. Le responsable du Programme national de lutte contre les maladies cardiovasculaires affirme que : « parmi les facteurs non modifiables, l’âge joue un rôle prépondérant, car les parois des artères se durcissent avec le temps, favorisant la formation de plaques d’athérosclérose. Le genre est également un facteur : les hommes sont plus touchés que les femmes, surtout avant 60 ans, tandis que la femme, c’est souvent après la ménopause. L’hérédité peut aussi être déterminante, certaines familles ayant une prédisposition aux maladies cardiaques ».
Pr Jean-Marie Damorou, Cardiologue
En revanche, les facteurs modifiables peuvent être
influencés par les choix de vie. « Le
tabagisme est un contributeur majeur à l’athérosclérose, tout comme le diabète,
l’hypertension artérielle et la sédentarité. Ne pas être actif quotidiennement
peut raccourcir la vie et augmenter le risque de crises cardiaques. Le mauvais
cholestérol est un autre élément clé, car il s’accumule dans les artères et
aggrave l’athérosclérose. L’obésité est également un facteur de risque
important », indique Pr Damorou.
En résumé, 95 % des crises cardiaques sont liées à
l’athérosclérose, martèle Pr Damorou. D’autres causes, comme des anomalies
congénitales ou des problèmes de circulation sanguine, peuvent également être à
l’origine de crises cardiaques.
Attention aux signes révélateurs
Les symptômes d’une crise cardiaque se manifestent souvent par une douleur intense, insupportable, qui pousse le patient à crier et à s’agiter, ayant l’impression de mourir. Cette douleur peut être le signe d’une crise majeure, comme un infarctus du myocarde, qui nécessite une intervention rapide. « En plus de la douleur, le patient peut perdre connaissance ou ressentir une grande fatigue et une faiblesse, souvent dues à une mauvaise circulation sanguine, indiquant que le cœur ne fonctionne plus efficacement. Cela peut conduire à un état de choc, où la tension artérielle chute ; on parle d’état de choc », ajoute Pr Jean-Marie Damorou.
Le signe précurseur fréquent est l’angine de poitrine,
qui se manifeste par des douleurs thoraciques lors d’efforts physiques. Ces
douleurs, bien que parfois considérées comme bénignes, ne doivent pas être
ignorées, car elles peuvent annoncer une crise cardiaque imminente. Il est
essentiel de consulter un médecin dès l’apparition de ces symptômes. Quand les
signes sont négligés, la crise cardiaque survient sans avertissement,
provoquant des décès subits. Cela est particulièrement vrai pour les
diabétiques, qui peuvent ne pas ressentir la douleur en raison de troubles
nerveux. C’est ce que renchérit Pr René Baragou, en ses termes : « dans la majorité des cas d’infarctus, la
présence de symptômes plus ou moins typiques permet donc de mettre la puce à
l’oreille. Mais il y a des crises cardiaques qui passent inaperçues en raison
de l’absence de signes d’alerte : c’est ce que l’on appelle l’infarctus
silencieux ou l’infarctus asymptomatique ».
Comment
réagir face à un infarctus ?
Des victimes décèdent dans l’heure qui suit. « Dès les premiers signes d’alerte, il ne
faut donc pas perdre une minute. Si on ressent une douleur intense à la
poitrine plus de 15 minutes, si on a une sensation de brûlure ou de serrement
comme un étau, un seul réflexe : se
rendre directement sans hésiter dans un centre de santé », recommande Pr
Mofou Belo, Chef division de la surveillance des maladies non transmissibles au
ministère en charge de la santé.
Les trois premières heures sont cruciales. Le flux sanguin doit en effet être rétabli très rapidement dans l’artère bouchée, afin d’avoir les meilleures chances de récupération. Les traitements de l’infarctus sont d’autant plus efficaces qu’ils sont administrés vite.
Un homme ressentant une doleur au coeur
« Si on est
confronté à une personne qui ressent les premiers symptômes, essayer de
l'apaiser pour que le cœur soit le plus possible au repos. Faire asseoir la
personne, elle arrivera à mieux respirer dans cette position. Si elle est
inconsciente et qu’elle respire, l’allonger par terre sur le côté et basculer
sa tête en arrière. Si elle ne respire plus, on peut pratiquer un massage
cardiaque », fait savoir Dr Damien Ekoué-Kouvahey, Président de
la Fédération Togolaise des Maladies Non Transmissibles (FETOL-MNT).
Comment prévenir une crise
cardiaque ?
La lutte contre les facteurs de risque de la crise
cardiaque doit être rigoureuse. Les deux cardiologues sont unanimes
pour dire qu’« il y a la prévention primaire qui repose sur la lutte contre les
facteurs de risque. La prévention secondaire, elle, s’applique aux personnes
déjà atteintes d’athérosclérose. Cela implique l’administration de médicaments
pour éviter que l’athérosclérose ne se transforme en crise cardiaque. Les
autres causes doivent être traitées au cas par cas ».
« Les crises cardiaques ne sont pas une
fatalité, il faut prévenir. Pour maintenir une bonne santé cardiaque, il est
important d’adopter une alimentation saine, en privilégiant les fruits et
légumes dans son alimentation les fibres, les acides gras insaturées (oméga
3,6,9) et les céréales complètes au détriment des sucres raffinés et des acides
gras saturés.et de bien gérer son stress », rassure Pr
Damorou.
Selon l’OMS, il est également conseillé de dormir au
moins 7 heures par nuit et, surtout, d’éviter les substances psychoactives.
Traiter une crise cardiaque
Afin d’évaluer ces risques, plusieurs examens peuvent être nécessaires pendant ou au cours de l’hospitalisation. Quel que soit l'issue de ces analyses, le patient doit faire l'objet d'un suivi médical étroit après un infarctus du myocarde.
Le Pr Jean-Marie Damorou montre qu’il existe deux
types de traitements : le traitement médical et le traitement par cathéter. « Le cathéter est une sonde que l’on insère
dans les artères pour atteindre les zones obstruées par l’athérosclérose.
Contrairement à une opération chirurgicale, ce n’est pas une intervention
invasive. Cette technique consiste à introduire des petits tubes à travers les
artères jusqu’au cœur, permettant de visualiser et de traiter les obstructions
», dit-il.
Crise
cardiaque : et après ?
Après un infarctus du myocarde, le patient est
hospitalisé et soumis à des examens réguliers. En fonction de l'état de santé
du patient à sa sortie de l'hôpital, différents traitements de fond sont
prescrits. Ils comprennent des mesures hygiéno-diététiques (sevrage tabagique,
modération de la consommation d'alcool, alimentation équilibrée, activité
physique régulière...) ainsi que la prise de certains médicaments.
Renforcer la
sensibilisation
Mme Aïcha, revendeuse d’ignames au marché d’Adidogomé
Assiyéyé, dont le mari est décédé d’une crise cardiaque, partage sa douleur : « mon mari n’avait jamais pris ses douleurs
au sérieux. Il disait que c’était juste du stress. Nous avons appris après sa
mort que des signes avant-coureurs étaient présents, mais il ne les a pas
écoutés. Cela m’attriste de penser que nous aurions pu agir à temps.
Maintenant, je parle de la santé cardiaque à tous mes proches. Il est essentiel
de connaître les symptômes et de consulter un médecin »
William O.