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Traumatologie routière : l’Afrique en quête de solutions

Traumatologie routière : l’Afrique en quête de solutions
Extrait de l'article: Lomé accueille le 19e Congrès international de l’Association des Orthopédistes de Langue Française (AOLF), couplé au 7e Congrès national de la Société Togolaise de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOTOCOT) depuis le 24 juin 2026.

Lomé accueille le 19e Congrès international de l’Association des Orthopédistes de Langue Française (AOLF), couplé au 7e Congrès national de la Société Togolaise de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOTOCOT) depuis le 24 juin 2026. La cérémonie officielle d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs autorités administratives, universitaires et sanitaires, notamment la Directrice de cabinet, Dr Gameti Djifa, représentant le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ainsi que le Secrétaire général du ministère en charge de la Santé, Dr Kokou Wotobé. Durant quatre jours, du 24 au 27 juin 2026, entre 300 et 400 participants venus d’Afrique, d’Europe et d’autres régions du monde échangeront autour du thème principal : « l’Afrique face au défi de la traumatologie routière et pour sous thèmes les problématiques des infections en chirurgie osseuse, et de la prise en charge du coût de la chirurgie osseuse ».

Photo de famille symbolique des participants 

Les travaux porteront également sur deux sous-thèmes majeurs dont les problématiques des infections en chirurgie osseuse et la prise en charge du coût de la chirurgie osseuse.

Pour le Professeur Anani Abalo, président du comité d’organisation, le choix du Togo pour accueillir cet important rendez-vous scientifique constitue une marque de confiance et une reconnaissance du dynamisme de l’orthopédie togolaise.

« Le Togo a eu l’honneur d’être choisi pour abriter le 19e Congrès de l’Association des Orthopédistes de Langue Française », a-t-il déclaré. Créée en 1989, l’AOLF rassemble les chirurgiens orthopédistes-traumatologues ayant en partage la langue française. Selon le professeur Abalo, l’Afrique subsaharienne n’avait accueilli que deux éditions de cette rencontre scientifique, toutes deux organisées à Dakar. L’organisation de cette 19e édition à Lomé représente ainsi un événement majeur pour la région.

Au-delà du prestige, il souligne les bénéfices directs pour le pays. « Tous les éminents chirurgiens orthopédistes-traumatologues vont exposer aux chirurgiens togolais et francophones les dernières avancées et technologies dans le domaine de la chirurgie osseuse », a-t-il expliqué.

Le spécialiste a rappelé les progrès réalisés par le Togo dans cette discipline. Alors qu’avant 2006 le pays ne comptait que trois à quatre chirurgiens orthopédistes-traumatologues, ils sont aujourd’hui une vingtaine à exercer sur l’ensemble du territoire grâce au développement de l’école togolaise de chirurgie orthopédique.

Une plateforme de formation et de partage d’expériences

Les organisateurs mettent particulièrement l’accent sur la formation continue des professionnels de santé. Avant même l’ouverture officielle, un pré-congrès a permis aux jeunes praticiens de bénéficier d’ateliers spécialisés sur la prise en charge des infections osseuses et les méthodes de recherche scientifique nécessaires à la publication académique.

Pour le président du comité d’organisation, les attentes sont claires : « Nous voulons que chaque traumatologue du Togo puisse avoir accès aux dernières avancées sur la prise en charge des patients fracturés. »

Le congrès prévoit des communications scientifiques orales et affichées, des conférences d’enseignement, des ateliers pratiques ainsi que plusieurs tables rondes destinées à favoriser les échanges entre experts confirmés et jeunes professionnels.

Prof Abalo Anani, Président du comité d'organisation

« C’est l’occasion pour les jeunes d’apprendre à communiquer scientifiquement et de confronter leurs expériences à celles des grands maîtres de la discipline », a souligné le professeur Abalo.

La traumatologie routière au cœur des débats

La problématique des accidents de la route occupe une place centrale dans les discussions. Dans son allocution, le président de l’AOLF, Dr Ahmed Demene, a rappelé l’ampleur du défi auquel fait face le continent africain. « La traumatologie routière constitue en Afrique une véritable crise sanitaire qualifiée par l’Organisation mondiale de la santé d’épidémie moderne », a-t-il affirmé.

L’Afrique enregistre les taux de mortalité routière les plus élevés au monde, faisant des traumatismes liés aux accidents de circulation un enjeu majeur de santé publique.

Le professeur Abalo partage cette préoccupation. « La première cause de décès chez les jeunes actuellement, aussi bien au Togo que dans de nombreux pays africains, c’est la route », a-t-il indiqué, rappelant que les jeunes représentent la population active indispensable au développement économique et social des nations africaines.

Une table ronde spécifique sera consacrée à la traumatologie routière afin d’identifier les causes profondes du phénomène et de formuler des recommandations à l’intention des décideurs politiques et des acteurs de la sécurité routière.

« Nous allons réfléchir à ce qu’il faut faire pour arrêter cette hémorragie », a insisté le président du comité d’organisation.

Vue partielle des participants lors de la cérémonie d'ouverture

Des sujets adaptés aux réalités africaines

Les échanges porteront également sur des problématiques directement liées aux réalités sanitaires du continent.

Une première table ronde a été consacrée à la prise en charge traditionnelle des fractures, permettant aux différents pays participants de partager leurs expériences et de proposer des recommandations.

La troisième table ronde abordera la chirurgie osseuse chez les personnes vivant avec la drépanocytose, maladie génétique particulièrement répandue en Afrique de l’Ouest.

Selon le professeur Abalo, cette thématique revêt une importance particulière au Togo où la drépanocytose demeure un véritable enjeu de santé publique nécessitant des approches spécifiques en chirurgie orthopédique.

Renforcer la coopération entre le Nord et le Sud

Pour le président de l’AOLF, cette rencontre dépasse largement le cadre scientifique.

« Le thème est de dépasser le cloisonnement géographique, de confronter nos pratiques et de bâtir des ponts solides entre les écoles d’orthopédie et de traumatologie du Nord et du Sud », a-t-il déclaré.

Il estime que la mise en commun des expériences et des expertises constitue aujourd’hui une nécessité pour répondre efficacement aux défis croissants de la discipline, qu’il s’agisse des pathologies dégénératives, infectieuses ou traumatiques.

Le congrès offre ainsi une plateforme privilégiée aux jeunes chirurgiens comme aux praticiens expérimentés pour découvrir les techniques les plus récentes, partager leurs connaissances et stimuler la recherche scientifique au sein de l’espace francophone.

Une vitrine pour le Togo

Au-delà de l’aspect médical, cette rencontre internationale représente également une opportunité de rayonnement pour le Togo. Des délégations venues de nombreux pays africains, européens ainsi que d’autres espaces francophones participent aux travaux. Le président du comité d’organisation s’est d’ailleurs réjoui de l’importante mobilisation enregistrée.

« Presque tous les pays sont représentés actuellement à Lomé. C’est ce que nous appelons la grande messe des orthopédistes-traumatologues », a-t-il déclaré.

À l’issue des travaux, les membres de l’AOLF désigneront le pays qui accueillera la 20e édition du congrès.

Raymond DZAKPATA

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Raymond DZAKPATA

Lomé accueille le 19e Congrès international de l’Association des Orthopédistes de Langue Française (AOLF), couplé au 7e Congrès national de la Société Togolaise de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOTOCOT) depuis le 24 juin 2026.

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