Ecole du Diabète : le projet « Azomey Adidovivi » mise sur l'éducation thérapeutique pour rendre les patients acteurs de leur santé
- Posted on 02/07/2026 13:03
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Former les personnes vivant avec le diabète à mieux comprendre et gérer leur maladie afin de réduire les complications et d’améliorer leur qualité de vie. C'est l'ambition du projet « Azomey Adidovivi – Ecole du Diabète », dont les modules de formati
Former
les personnes vivant avec le diabète à mieux comprendre et gérer leur maladie
afin de réduire les complications et d’améliorer leur qualité de vie. C'est
l'ambition du projet « Azomey Adidovivi – Ecole du Diabète », dont les modules
de formation ont été validés lors d'un atelier organisé les 2 et 3 juillet à
Lomé.
Pour
le coordonnateur du projet, Dr Serges Kodjo, diabétologue au CHU Sylvanus Olympio
de Lomé, l'éducation thérapeutique constitue aujourd'hui l'un des moyens les
plus efficaces pour améliorer la prise en charge du diabète. Selon lui, un
patient bien formé développe les compétences nécessaires pour adopter les bons
comportements au quotidien et devient un véritable acteur de sa propre santé.
«
Un patient formé à l'autogestion de sa maladie gère mieux sa maladie qu'un
patient non formé », a-t-il expliqué, soulignant que la connaissance de la
maladie, de son traitement, de l'alimentation et de l'activité physique permet
de prévenir les complications souvent associées au diabète.
Le
projet, soutenu par la division de la surveillance des maladies non
transmissibles du ministère de la Santé et financé par Sanofi Global Health
Unit (GHU), entend élargir cette approche à l'échelle nationale. Au cours des
deux prochaines années, il prévoit de former 1 000 personnes vivant avec le
diabète de type 2, dont la majorité au Togo.
Une
approche globale axée sur la prévention
Les
bénéficiaires recevront une formation portant sur les techniques d'autogestion
du diabète, la nutrition, la sécurité alimentaire, l'activité physique ainsi
que le développement de jardins potagers familiaux. Cette dernière composante
vise à encourager la consommation d'aliments sains et à améliorer durablement
les habitudes alimentaires des ménages.
Au-delà de la formation des patients, le projet prévoit également de sensibiliser et de dépister 10 000 personnes au Togo et au Bénin. Pour Dr Kodjo, le dépistage précoce demeure un enjeu majeur face à une maladie dont la prévalence ne cesse d'augmenter.
Vue des acteurs
Le
projet permettra par ailleurs de diffuser auprès du grand public les résultats
d'une étude réalisée en partenariat avec l'Organisation des Nations unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur 157 plats à base de féculents et
leurs accompagnements. Cette étude renseigne sur l'impact de ces aliments sur
la glycémie et devrait aider les populations à effectuer des choix alimentaires
plus adaptés. « Les gens pourront savoir comment certains aliments
influencent leur glycémie et adapter leur alimentation en conséquence », a
indiqué le diabétologue.
Des
pairs éducateurs pour renforcer l'action communautaire
L'un
des axes majeurs du projet consiste également à renforcer les compétences
communautaires. Parmi les 1 000 patients formés, 100 seront sélectionnés et
certifiés comme pairs éducateurs. Ils auront pour mission d'accompagner les
associations de patients et les structures sanitaires dans les activités de
sensibilisation, de dépistage, d'orientation des malades et de promotion des
bonnes pratiques liées au diabète.
L'atelier
de Lomé a ainsi permis de valider treize modules de formation, dont sept
destinés aux patients et six réservés aux futurs pairs éducateurs. La seconde
journée a été consacrée au renforcement des capacités des formateurs chargés de
transmettre ces connaissances sur le terrain.
Pour Dr Kodjo, cette harmonisation des contenus est essentielle afin de garantir une information fiable et uniforme à l'ensemble des bénéficiaires. Le coordonnateur se veut optimiste quant à l'impact du projet. « Le diabète ne doit plus nous faire peur. Même si cette maladie est en constante augmentation, nous savons aujourd'hui quels sont les leviers pour mieux la prendre en charge. Notre défi est de dépister davantage de personnes, de réduire les complications et de permettre aux patients de vivre avec le diabète dans les meilleures conditions possibles », a-t-il conclu.
Avec la validation des modules et la formation des formateurs, le projet « Azomey Adidovivi – École du Diabète » entre désormais dans sa phase opérationnelle. En misant sur l'éducation thérapeutique, la prévention et l'implication des patients eux-mêmes, les initiateurs ambitionnent de contribuer à une meilleure prise en charge du diabète, à la réduction des complications liées à la maladie et à l'amélioration durable de la qualité de vie des personnes concernées au Togo et au Bénin.
William
O.