Boulimie : signes d’alerte et prévention
- Posted on 31/05/2024 13:09
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: Le monde entier célèbre le 02 juin, la Journée mondiale des troubles du comportement alimentaire. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des maladies psychiatriques fréquentes qui ne doivent pas être confondues avec une perte d’appétit,
Le
monde entier célèbre le 02 juin, la Journée mondiale des troubles du
comportement alimentaire. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont
des maladies psychiatriques fréquentes qui ne doivent pas être confondues avec
une perte d’appétit, du grignotage ou des restrictions alimentaires liées à un
régime, par exemple. Pourtant, selon de récentes études épidémiologiques, près
de 20 % de la population mondiale souffrirait de TCA plus ou moins sévères Dans
les troubles des conduites alimentaires comme l'anorexie et la boulimie, la
relation à la nourriture est perturbée. Médicalement reconnus, ces troubles
sont potentiellement mortels et nécessitent une prise en charge
multidisciplinaire adaptée. Dans cet article, Santé-Education fait un focus sur
la boulimie.
La
boulimie est un trouble du comportement alimentaire, caractérisé par la
survenue récurrente de crises de boulimie associées à des comportements
compensatoires comme des vomissements ou la prise de laxatifs. Si les patientes
ingèrent de grandes quantités de nourriture, elles ne prennent pas de poids.
Mais la souffrance morale et les complications somatiques sont au centre de la
maladie.
Conséquences
physiques sur la santé
Les
crises de boulimie mais surtout les comportements de purge associés entraînent
des complications parfois sévères sur l'organisme : une diminution du rythme
cardiaque ou bradycardie, une hypotension, une
perte osseuse des carences nutritionnelles qui entraînent : des troubles
de l'humeur et de l'attention, une fatigue persistante,
des règles irrégulières. On peut citer aussi des caries dentaires et une
inflammation des gencives en raison de vomissements répétés. de faibles
niveaux d’électrolytes, éléments chimiques tels que le potassium, le sodium et
le magnésium, nécessaires
pour assurer l’équilibre des liquides et des sels dans l’organisme et des
troubles du système digestif et rénaux.
Causes
et facteurs de risque
La
boulimie est une maladie dont l'origine est plurifactorielle : Il existe
d'abord, une vulnérabilité psychologique sous-jacente. En effet, les
personnes boulimiques ont souvent un grand nombre de troubles psychiatriques
associés comme le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité,
la dépression,
un trouble bipolaire,
un trouble anxieux ou une toxicomanie.
D'autres
facteurs environnementaux peuvent expliquer le déclenchement de la boulimie : l'univers
familial et social dans lequel la patiente évolue. La pression
exercée par les pairs pour s’intégrer, les régimes et l’importance accordée
dans les médias à la minceur peuvent
favoriser le déclenchement de la boulimie. Certains milieux ou des activités
telles que la participation à un sport axé sur le corps, comme la gymnastique,
constituent d’autres facteurs qui peuvent exercer une pression sur un
enfant ou un adolescent de perdre du poids. La survenue de vomissements au
cours d'une maladie peut aussi être un élément déclencheur.
Reconnaître
une crise de boulimie
Une
crise de boulimie se reconnaît par une absorption d'une grande quantité de
nourriture en une période de temps limitée. Cette quantité de nourriture
est largement supérieure à ce que la plupart des personnes absorberaient en une
période de temps similaire et dans les mêmes circonstances. Les aliments
choisis peuvent être des aliments appréciés par la patiente (le plus souvent
très gras et très sucrés).
Pendant
la crise, la patiente ressent un sentiment d’une perte de contrôle sur son
comportement alimentaire (sentiment de ne pas pouvoir s’arrêter de manger
ou de ne pas pouvoir contrôler ce qu'elle mange ou les quantités).
La
patiente mange rapidement sans s'arrêter et jusqu'à éprouver une sensation
pénible de distension abdominale. La prise alimentaire ne répond pas
toujours à une sensation de faim, ni même parfois à une réelle envie.
La
plupart du temps, les patientes s'isolent avec de grande quantité de nourriture
pour ne pas se sentir embrassées par le regard des autres au cours d'une crise
ou pour ne pas être dérangées.
Après
une crise, les patientes se sentent souvent dégoutées d'elle-même, déprimées ou
très coupables. Ces sentiments sont à l'origine des comportements
compensatoires mais aussi parfois d'une baisse d'estime de soi, d'une
dépression ou d'idées suicidaires.
Prévenir
et traiter
Afin
de prévenir l’apparition de la boulimie ou sa progression rapide, il
est nécessaire de consulter un spécialiste (psychologue,
psychiatre, pédopsychiatre). En effet, la précocité du diagnostic améliore
le pronostic et favorise la guérison. Plus la durée d’évolution de la
pathologie est longue, plus les complications, le risque de rechutes et de
séquelles somatiques, psychologiques et sociales sont importants. Le traitement
de la boulimie repose sur : un suivi psychiatrique ou psychologique et un suivi
nutritionnel de la personne, afin qu’elle réapprenne à manger de manière
équilibrée.
William
O.
Article
validé par Dr Essoreke Tchaou, Nutritionniste-Diététicien à Lomé