Alimentation thérapeutique pour diabétiques et hypertendus
- Posted on 23/08/2024 12:48
- Film
- By abelozih@sante-education.tg
Extrait de l'article: L’alimentation peut diminuer le risque d’accident cardiovasculaire global. Le régime alimentaire pour maladies cardiovasculaires vise à contrôler le poids, réguler la glycémie, réduire la pression artérielle pour éviter les récidives et préserver le
L’alimentation
peut diminuer le risque d’accident cardiovasculaire global. Le régime
alimentaire pour maladies cardiovasculaires vise à contrôler le poids, réguler
la glycémie, réduire la pression artérielle pour éviter les récidives et
préserver le cœur. L'alimentation à adopter doit être saine, variée et équilibrée.
Les points
essentiels du régime alimentaire pour maladies cardiovasculaires sont : choisir
les aliments sources de bonnes graisses, éviter les graisses néfastes pour le
cœur, consommer des fibres et des fruits et légumes ; veiller à avoir une alimentation
à index glycémique bas, encourager l'activité physique et une meilleure hygiène
de vie.
Les
acides gras saturés sont-ils aussi mauvais ?
Des
études récentes ont montré que seulement certains d’entre eux pouvaient, en
excès, être délétères sur le plan cardiovasculaire, en particulier l’acide
palmitique. Pas question donc d’exclure de son alimentation les acides gras
saturés, du moment qu’ils ne représentent pas, au total, plus de 8 à 12% de la
ration calorique quotidienne (soit environ 20g d’acides gras saturés pour 2000
kcalories), avec peu d’acide palmitique.
En
pratique : Limiter significativement à une fois par semaine ou voire éviter
sa consommation de produits industriels, où sont souvent incorporées dans les
huiles raffinées, riches (plats préparés, pâtisseries, biscuits, chips,
quiches, charcuteries, confiseries, glaces…). On peut s’autoriser 10g de beurre
et 40g de fromage, à condition de ne pas manger le même jour d’autres aliments
très riches en acides gras saturés, quels qu’ils soient : viandes grasses,
crèmes dessert, viennoiseries, charcuteries. La quantité journalière de viande
ne doit pas dépasser 150 à 200g par personne. Le bœuf est riche en fer, mais il
faut éviter les morceaux gras (côtes, plat de côte) et privilégier les morceaux
les plus maigres (filet, macreuse, paleron, gîte, joue). Pareil pour la viande
de porc maigre. Gibiers, volailles, poissons sont à privilégier, car pauvres en
matières gras saturés, mieux assimilés par l’organisme, et dont les études ont
montré qu’ils n’augmentent pas le risque de maladie cardiovasculaire.
Aliments
à privilégier
L’avoine
(son, farine), contient du bêta-Glucane, fibre soluble très visqueuse qui, à
raison de 3g par jour, abaisse le cholestérol total et les LDL. A introduire
néanmoins progressivement, car fortement laxative.
Les graines de lin sont très riches en oméga-3. On peut les trouver dans certains pains, ou les acheter dans une boutique diététique et en incorporer 2 cuillérées à café dans une salade, une soupe.

Les
dérivés du soja contiennent des protéines spéciales dont plusieurs études ont
montré qu’un apport de 25 g par jour diminue les LDL de 4 à 6%. En consommer
régulièrement (par exemple 2 fois par semaine) permet en plus de manger moins
de viande, plus grasse.
Les
acides gras sont bénéfiques
Ils
ont prouvé leur bénéfice en termes de prévention des accidents
cardiovasculaires. Dans le détail :
Les mono-insaturés : à privilégier. Autrement appelés oméga-9, ils diminuent en effet le LDL-c. On les trouve en grandes quantités dans certaines huiles : celles de soja, olive, arachide, noix, qui sont importantes de consommer au quotidien. Les fruits oléagineux (amandes, noix de cajou, noisettes…) en contiennent aussi, à consommer 5 à 10 par jour.
Les polyinsaturés : à bien équilibrer. Si les oméga-3 sont très protecteurs, les omégas-6 ont, en excès, une action plutôt pro-inflammatoire. Le rapport entre les deux doivent être de 1 pour 5, c’est-à-dire 5 fois plus d’oméga-6 que d’oméga-3. Pour rétablir l’équilibre, il s’agit donc de diminuer la consommation des matières grasses très riches en oméga-6 (huiles de tournesol, de maïs) et d’augmenter parallèlement les apports en oméga-3 : poissons gras (2 fois par semaine), huile de soja (2 cuillères à soupe par jour sur les 3 quotidiennes), éventuellement margarines fabriquées à partir de ces huiles.

Faut-il
arrêter les œufs ?
Pas
du tout. Une personne qui n’a aucun facteur de risque peut s’en autoriser
jusqu’à 7 par semaine ou jusqu’à 4 en cas d’hypercholestérolémie, mais pas plus
de 2 si elle est diabétique, deux études ayant montré que les œufs, dans ce
cas, peuvent augmenter le risque d’accident cardiovasculaire. Le mécanisme n’a
pas été clairement identifié, mais selon des chercheurs, les diabétiques,
surtout de type 1, absorbent plus le cholestérol des œufs que les autres. Dans
tous les cas, on peut privilégier ceux issus de poules nourries aux graines,
car plus riches en oméga-3.
Pourquoi
manger des fruits et légumes ?
Les
fibres et antioxydants qu’ils contiennent neutralisent en partie les effets
défavorables des acides gras saturés délétères, dont l’acide palmitique et des
oméga-6 pro-inflammatoires. De plus, les fibres solubles (présentes dans les
pommes, poires, bananes, raisin, oranges, oignon, ail, poireau, ail) ont la
capacité, en se liant au cholestérol dans l’intestin, de faciliter son
élimination par les selles. Il est donc important de consommer 2 à 3 fruits par
jour et 2 portions de légumes, dont une crudité (100 à 150g) et une portion de
légumes cuits (200 à 250g). Céréales complètes et légumes secs constituent
aussi des apports intéressants en fibres.
L’exercice
physique, un effet cardioprotecteur
Par
rapport aux personnes sédentaires, les personnes plus actives ont en effet un
taux plus faible de mortalité toutes causes confondues dont celles liées aux
accidents cardiovasculaires. Ce message, porté par l’OMS, est assorti de
plusieurs recommandations : Privilégier les activités d’endurance : marche,
course, natation, vélo, danse.
Être
régulier dans sa pratique : soit minimum 150 minutes par semaine à
intensité modérée (on est légèrement essoufflé) ou au moins 75 minutes à
intensité soutenue (on est franchement essoufflé), sachant que les deux peuvent
être combinées.
Fractionner
les séances : du moment que chaque période dure au moins
10 minutes. On peut par exemple faire 10 minutes de marche rapide le matin, et
10 minutes à l’heure du déjeuner ou le soir) pendant les 5 jours de la semaine
(soit 100 minutes), et compléter par 50 minutes d’une autre activité le
week-end.
William
O.
Article validé par Kponou Matthieu Tobossi, Spécialiste de la diétothérapie & Spécialiste en
Hygiène et Qualité alimentaires (Lomé)