Éviter l’administration inappropriée d’antimicrobiens aux animaux prêts à l’abattage
- Posted on 06/07/2022 10:41
- Film
- By raymonddzakpata@sante-education.tg
Extrait de l'article: Plusieurs vendeurs de bétail pratiquent une automédication chez l’animal ; ils traitent donc eux-mêmes leurs animaux malades en leur injectant la plupart du temps des antibiotiques et anti microbiens. Très souvent, ces traitements qui ....
Plusieurs vendeurs de bétail pratiquent une automédication chez l’animal ; ils traitent donc eux-mêmes leurs animaux malades en leur injectant la plupart du temps des antibiotiques et anti microbiens. Très souvent, ces traitements qui auraient dû être administrés par un professionnel de la santé animale, sont effectués sur des animaux prêts à l’abattage et à la consommation. Se faisant, les résidus de ces médicaments se retrouvent dans l’organisme du consommateur, l’exposant ainsi à de graves dangers pour sa santé. Malheureusement, cette pratique de plus en plus courante a des conséquences dévastatrices sur la santé de l'être humain. L’ONG Vétérinaires Sans Frontières-Suisse (VSF-Suisse), consciente de ce problème et soucieuse de la santé du consommateur, a souhaité faire le point sur des graves dangers de ces pratiques sur la santé du consommateur.
Dans quelles conditions doit
être administré un traitement antibiotique à un animal de boucherie prêt à
l’abattage ?
Les antibiotiques et
antimicrobiens vétérinaires sont généralement utilisés en élevage à des buts
thérapeutiques, pour soigner et prévenir les maladies et comme additifs
alimentaires ou promoteur de croissance chez l’animal. Dans plusieurs marchés à
bétail, il est très courant de rencontrer des commerçants qui administrent
eux-mêmes des médicaments aux animaux prêts à vendre. En les administrant à
l’animal quelques temps avant sa vente, il y a un fort risque que les résidus
de ces médicaments se retrouvent dans la viande. Dans ce contexte, normalement,
lorsqu’il faut traiter un animal, seul le docteur vétérinaire a la compétence
pour s’assurer de la qualité, de l’efficacité et de la sécurité dans
l’utilisation des médicaments vétérinaires sur les animaux. En fonction du
médicament utilisé, le docteur vétérinaire peut prescrire un délai d’attente
avant abattage, généralement de 14 jours voire plus, qui doit être strictement
respecté avant la consommation par l’Homme des denrées alimentaires issues de
l’animal traité. En effet, tous les médicaments qui sont administrés à un
organisme vivant doivent agir dans son corps avant d'être éliminés au bout d'un
certain temps. Lorsqu’un médicament vétérinaire n’est pas administré sous le
contrôle d’un professionnel de la santé animale, en l’occurrence le docteur
vétérinaire, il peut constituer un danger à la fois pour les animaux et surtout
pour les consommateurs de denrées issues de ces animaux dont : viande,
lait, œufs.
Une mauvaise pratique avec de
graves répercussions sur la santé du consommateur
La présence de résidus
d’antibiotiques dans la viande est préjudiciable à la santé des consommateurs.
Ces résidus peuvent être à l’origine des résistances de bactéries aux
antibiotiques usuels, parce que de nombreuses bactéries sont partagées par
l’Homme et l’animal. Ce phénomène peut conduire à la difficulté, voire
l’impossibilité de traiter certaines infections. En l’absence d’antibiotiques
efficaces pour prévenir et traiter les infections, plusieurs traitements comme,
la chimiothérapie dans le traitement du cancer et certaines interventions
chirurgicales telles que les césariennes deviendront beaucoup plus dangereuses.
Cette résistance entraîne aussi des échecs dans le traitement classique de
certaines maladies chez l’Homme. Ces échecs conduisent malheureusement à
recourir aux médicaments plus coûteux et parfois inaccessibles dans le pays. En
outre, les résidus d’antibiotiques, présents en quantité importante, peuvent
affecter le fonctionnement des organes comme le foie et contribuer à causer l’insuffisance
hépatique, et les reins avec la survenue de l’insuffisance rénale.
Pour prévenir et combattre la
propagation de la résistance aux antibiotiques, il est important que les
bouchers, les restaurateurs et les consommateurs se renseignent
systématiquement auprès des vendeurs de bétails, si l’animal que l’on veut
acheter ne vient pas de recevoir une injection d’antibiotiques. Si c’est le cas,
cet animal ne doit pas être acheté. Aux éleveurs et vendeurs d’animaux, il est
conseillé de systématiquement faire appel à un docteur vétérinaire lorsqu’un
animal a besoin de soins.
Source : ONG Vétérinaires
Sans Frontières-Suisse
(VSF-Suisse)