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De l’ampleur des faux médicaments dans la préfecture de Yoto

De l’ampleur des faux médicaments dans la préfecture de Yoto
Extract from the article: La prolifération des médicaments falsifiés représente une forte menace pour la santé publique. D’après l’OMS, en Afrique subsaharienne, 30% des médicaments en circulation sont falsifiés.

La prolifération des médicaments falsifiés représente une forte menace pour la santé publique. D’après l’OMS, en Afrique subsaharienne, 30% des médicaments en circulation sont falsifiés. Dans ce contexte, l’Organisation Panafricaine de Lutte pour la Santé (OPALS) a voulu documenter la réalité au Togo. Avec l’accord des autorités locales en partenariat avec le Centre Humanitaire des Métiers de la Pharmacie (CHMP), en collaboration avec l’Ordre National des Pharmaciens du Togo (ONPT), l’OPALS a conduit entre 2017-2019 une étude dans la préfecture de Yoto.

Les résultats de cette étude rendus publics le jeudi 19 novembre à Tabligbo, révèlent l’ampleur du trafic illicite des faux médicaments, notamment les antipaludéens, antipyrétiques, antidouleurs et anti-inflammatoires. Elle alerte sur la menace que ces produits représentent pour la santé publique.

Au total 404 échantillons de médicaments ont été recueillis dans les ménages de cette préfecture. Ces médicaments sont de qualité inférieure ou falsifiés. Plus de 90% des médicaments ne contiennent pas les principes actifs au dosage attendu. Le principe actif est le plus souvent fortement sous-dosé ou absent. Et dans plusieurs cas, aucun principe actif n’est retrouvé, ou le principe actif contenu dans le comprimé n’est pas celui attendu.

100% des échantillons des antipaludiques Sulfadoxine-pyriméthamine et Artéméther-luméfantrine sont sous-dosés en principes actifs. 60% des échantillons de paracétamol-diclofénac ne contiennent aucun principe actif. Plusieurs échantillons d’antipaludéens contenaient en réalité une association de paracétamol et de caféine. Quelques surdosages ont été également identifiés dont un majeur antipaludique 2,5 fois trop concentré, 1 des échantillons d Artéméther-luméfantrine est surdosé en Artéméther à 262% en plus d’être sous-dosé en luméfantrine.

« Le district de Yoto connait la circulation de très nombreux médicaments de qualité inférieure ou falsifiée. Nous invitons les acteurs de la santé à renforcer la sécurité des circuits de distribution. La population doit prendre conscience du danger que représentent les médicaments de rue et des dépôts illégaux. Elle doit faire attention surtout à ne pas acheter les médicaments de la rue ou d’origine douteuse. En termes de recommandation, l’OPALS est prête à accompagner les autorités sanitaires pour la ratification de la convention Médicrime du conseil de l’Europe ; la seule qui punit les trafiquants de ces faux médicaments. Ce que l’Etat peut également faire c’est d’œuvrer pour l’accès universel aux soins de santé à tous », a indiqué Ciscar Koffi Samboe, Représentant Légal de l’OPALS au Togo.

Pour Dr Innocent Kpéto, Président du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens du Togo, «cette étude nous apporte si besoin était, l’évidence que les faux médicaments existent, circulent dans nos communautés et sont accessibles à nos concitoyens qui les achètent et les consomment sans se douter un seul instant des dégâts que ces tueurs silencieux vont causer, sur leur santé individuellement et sur la santé de toute la communauté. C’est un appel à l’ensemble des pharmaciens, professionnels des médicaments, à s’engager chacun à son niveau avec vigilance, pour servir de barrière entre le trafic criminel et nos populations ».

Le trafic de médicaments falsifiés constitue un double crime : crime contre la santé, et crime contre la société, car il frappe non seulement les malades mai aussi parmi eux les plus pauvres qui n’ont pas accès aux médicaments de qualité. Plus, rentable que le trafic de drogues, le commerce mortifère des médicaments falsifiés est estimé à plus de 200 milliards de dollars.

Abel Ozih

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La prolifération des médicaments falsifiés représente une forte menace pour la santé publique. D’après l’OMS, en Afrique subsaharienne, 30% des médicaments en circulation sont falsifiés.

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