Poulets congelés importés : attention aux maladies
- Posted on 02/07/2021 00:00
- Film
- By stephaneogou@gmail.com
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La consommation des poulets congelés importés fait l’objet depuis quelques années de graves critiques sur le continent africain. Il s’agit de poulets qui sont importés de l’Europe et de l’Amérique du sud et qui d’après plusieurs études ne sont pas recommandés pour être consommés. Pourtant les marchés africains sont envahis par ces poulets. A part l’aspect économique, l’importation des poulets congelés constitue un problème majeur de santé publique. Suite à des témoignages, ces poulets ne sont pas consommés dans leurs pays d’origine parce qu’il s’agit des poules pondeuses ayant finies leur cycle de production et dont la viande est bourrée de toute sorte de résidus de médicaments et d’hormones ainsi que de substances chimiques. Dans ces conditions, cette viande de poulet constitue un des facteurs qui contribuent à l’exacerbation des maladies graves dont les affections du foie et des reins, des cancers, et de l’hypertension. Qu’est-ce qui fait réellement de ces poulets des aliments dangereux pour la santé ? Aujourd’hui l’Afrique ne peut-elle pas promouvoir et financer des initiatives locales de productions naturelles de la volaille pour satisfaire la consommation des populations ?
Les poulets congelés ont commencé par pénétrer le marché africain dans les années 1970 avec la fameuse croute de la dinde (adokougbui). Mais le raz-de-marée des poulets congelés a réellement pris effet dans les années 1990 et a atteint son sommet dans les années 2000. Cet envahissement a eu le mauvais mérite de neutraliser toutes les initiatives locales de production de la volaille dans tous les pays en Afrique de l’Ouest. A tel point que dans certains pays comme le Togo, on se demandait s’il existe encore des poulets naturels. Dans les marchés, étaient plus disponibles et à bon prix, les poulets congelés et les œufs importés. Le comble, c’est que la population considère ces poulets comme meilleures parce que provenant du pays des blancs. « Je développe une ferme dans un village à quelques trentaines de kilomètres de Lomé. Et j’ai fait le fâcheux constat que les paysans attrapaient leurs coqs, poules et pintades pour aller vendre au marché, et revenir à la maison avec des poulets congelés pour la consommation», a témoigné Kodjo, un promoteur des activités agricoles. En effet, ce qui a favorisé la grande consommation de ces viandes est avant tout l’ignorance, le manque d’informations fiables sur leur dangerosité. La consommation de ces poulets touche toutes les couches sociales, pauvres, riches. Il y a un autre facteur, c’est le volet économique. Plusieurs personnes ont lourdement investi dans l’importation des poulets et autres produits congelés avec la création de l’emploi. « Si on interdit ce secteur, cela va créer un précédent économique important, avec la perte des emplois et la ruine des promoteurs. Le mieux c’est d’interdire certains produits. Et c’est ce que les pouvoirs publics ont fait. Or, on devrait arrêter ce commerce et amener à travers un programme les importateurs à se reconvertir dans la promotion et l’approvisionnement de la volaille chez les abattoirs locaux qui proposent des produits de meilleure qualité. Je suis certain que ces importateurs auront plus qu’à gagner qu’à perdre en investissant dans la production locale de la viande », a relevé un observateur du secteur d’importation. Au Togo et dans plusieurs pays, le bouc-émissaire est la croute de dinde qui a été interdite mais pas avec la grande fermeté. Depuis quelques mois, la croute de dinde est revenue sur le marché et consommée surtout par les femmes. Pourtant il s’agit d’une viande qui est officiellement interdite d’importation et de commercialisation. Certains pays comme le Nigéria ont été plus fermes en publiant une interdiction en 2002 d’importer toute volaille congelée.

Ce qui fait la dangerosité
des poulets congelés
Dans le transport de ces
poulets dans des conteneurs, il est bien prouvé que la chaîne de froid est
rompue. Pendant le transport, en principe, les poulets devraient être conservés
à une température d’au moins 18°C. Mais, ce n’est pas toujours le cas, les
poulets arrivent décongelés en Afrique. C’est dans cet état décongelé que les
vendeurs africains les recongèlent. Or, d’après les spécialistes, tout produit
décongelé ne devrait plus être recongelé. C’est dans ces conditions que ces
viandes se décomposent, développent des toxines qui intoxiquent le corps après
consommation et engendrent des dysfonctionnements et des maladies non
transmissibles.
Aussi, ces poulets sont
élevés et traités avec des médicaments et autres hormones qui peuvent créer la résistance
microbienne, des déséquilibres hormonales chez les consommateurs.
Plusieurs reportages et
enquêtes de media occidentaux témoignent que ces poulets convoyés en Afrique
sont libérés par les abattoirs qui fuient les coûts énormes liés à la destruction
de ces stocks impropres et des questions environnementales sont contraints de
recourir aux pays africains qui les amènent gratuitement pour inonder le marché
local.
Madame Mimi, consommatrice à Kpalimé, a connu une mésaventure avec une viande congelé qu’elle a achetée et consommée : « j’avais fait une sauce tomate avec le poulet et après le repas, j’ai constaté que la sauce qui restée dans la marmite a pris de la mousse. Je n’ai pas compris. La nuit j’ai eu des maux de ventre et je vomissais. Ma sœur elle autre a fait la diarrhée cette même nuit. Finalement c’est à l’hôpital que nous sommes allés nous faire soigner ».
Comment examiner le poulet
congelé
Il faut bien observer le
poulet cru et faire attention à ses couleurs. Si sur un seul morceau de poulet
congelé, par endroit c’est blanc, rosâtre ou rougeâtre, c’est qu’il y a un
problème. On peut aussi sentir le poulet, si l’odeur est mauvaise, il y a un problème.
Si par endroit aussi la
viande est marquée par des points blancs ou noirs, il est recommandé de ne pas
consommer cette viande.
Certes, il est noté qu’une
prise de conscience s’installe peu à peu au sein de la population suite aux
actions d’information et d’éducation. Mais il faut d’autres actions plus
concrètes. La lutte contre la volaille de mauvaise qualité importée peut
trouver sa réponse dans la promotion et financement des initiatives locales
d’élevage de la volaille. Plusieurs fermes et projets d’élevage existent dans
les pays, mais ils ne sont pas accompagnés afin qu’ils atteignent de grands
résultats pour la consommation locale. Il faut une réelle volonté politique
pour arriver à bout de ce phénomène qui a une double conséquence : développement
des maladies et anéantissement des producteurs locaux de la volaille.
Gadiel
TSONYADZI