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Manque de suivi nutritionnel dans les hôpitaux : Interview de Yasmine Zerbo, Nutritionniste diététicienne

Manque de suivi nutritionnel dans les hôpitaux : Interview de Yasmine Zerbo, Nutritionniste diététicienne
Extrait de l'article: La dénutrition est très fréquente chez les malades hospitalisés. Sa prévalence et ses conséquences sont sous-estimées. La dénutrition est en effet un facteur indépendant de morbi-mortalité, responsable de surcoûts hospitaliers importants. Nutritionn

« Dans beaucoup de pays africains, il y a un grave problème de diététique. Sur quatre patients hospitalisés deux souffrent de dénutrition hospitalière. La plupart meurt par faute manque de suivi nutritionnel »,

 

La dénutrition est très fréquente chez les malades hospitalisés. Sa prévalence et ses conséquences sont sous-estimées. La dénutrition est en effet un facteur indépendant de morbi-mortalité, responsable de surcoûts hospitaliers importants.  Nutritionniste diététicienne, spécialiste de la prise en charge nutritionnelle des maladies chroniques telles que l’hypertension artérielle, l’obésité, le diabète et le cancer, Yasmine Zerbo souligne que l’état nutritionnel, est la composante essentielle de la santé et du bien-être d'une personne hospitalisée. Dans cet entretien, la spécialiste lance un cri de cœur aux autorités africaines afin de sauver les patients hospitalisés du manque de suivi nutritionnel faute de diététiciens.

Santé-Education : Quelle différence y a-t-il entre diététique et nutrition ?

Yasmine Zerbo : La nutrition est vaste. Il y a la nutrition humaine, communautaire et clinique. La diététique c’est la nutrition clinique. Les nutritionnistes eux, ils font l’étude approfondie des aliments. Le diététicien lui c’est le seul professionnel de santé capable de travailler dans les hôpitaux, parce que sa formation est purement clinique. C’est le diététicien qui utilise la table de composition des aliments pour calculer la valeur nutritive des aliments et des menus. C’est le diététicien qui se sert de l’aliment pour composer un menu pour toutes les personnes bien portantes ou malades. C’est le diététicien qui assure le suivi des personnes malades, des diabétiques des hypertendus, des hémodialysés, des cancéreux. Il s’occupe encore de l’éducation nutritionnelle des personnes bien portantes telles que les enfants, les adolescents, les adultes, les personnes âgées, les femmes enceintes, les femmes allaitantes.

Le diététicien est -il un professionnel indispensable en milieu hospitalier ?

Absolument. Mais malheureusement la diététique n’est pas trop connue dans beaucoup de pays africains parce qu’on ne trouve pas les diététiciens dans les centres hospitaliers. Or les diététiciens sont indispensables dans les structures hospitalières pour lutter contre la dénutrition hospitalière. Il faut que les ministères en charge de la santé prennent conscience de la dénutrition   hospitalière   dans les structures hospitalières. On peut constater que beaucoup de patients meurent par manque de soutien nutritionnel. C’est vrai que le traitement médicamenteux joue un grand rôle, mais l’alimentation joue aussi un important rôle.

Qu’est-ce que la dénutrition hospitalière ?

La nutrition hospitalière, c’est faire l’état nutritionnel de chaque patient, composer des régimes, aider la cuisine à composer les menus en fonction des pathologies, s’assurer que la cuisine a respecté les doses. C’est le diététicien qui part ensuite administrer aux patients.


Mais dans certaines structures hospitalières, en réanimation par exemple, il y a un grave problème de diététique, les patients souffrent de dénutrition. Au Burkina par exemple, au CHU de Yalgado, en tant que spécialiste en nutrition entérale et parentérale, j’ai proposé un produit local pour lequel j’ai fait ressortir la valeur microbiologique, la valeur physicochimique, la valeur nutritionnelle. Je suis en train de faire l’agrégation pour pouvoir aider les patients. Le diététicien est indispensable dans une structure hospitalière surtout en réanimation pour aider la renutrition des patients sur leur lit.

En tant que diététicienne avertie, pourquoi n’attirez-vous l’attention des autorités sur la situation de manque de diététiciens que connaissent nos hôpitaux ?

Jusqu’alors certains Etats ne pensent pas recruter des diététiciens. Je ne sais pas si c’est une négligence, mais j’ai espoir que cela viendra. Malheureusement, on fixe le regard sur la communauté et on oublie l’hôpital ou la clinique. C’est vrai, c’est bon d’aider pour les problèmes communautaires. Mais n’oublions pas aussi qu’en milieu hospitalier, les patients ont aussi besoin de suivi nutritionnel.

Franchement, c’est un cri de cœur que je lance aux gouvernements, aux ministères en charge de la santé, d’y penser, de sauver les structures hospitalières en Afrique. Sur quatre patients hospitalisés deux souffrent de dénutrition hospitalière. La plupart meurt par faute de suivi nutritionnel. Le traitement médicamenteux ne suffit pas il faut encore un suivi nutritionnel.

Quand on dit diététique les gens pensent aux régimes pour maigrir. Qu’en pensez-vous de cela ?

Tout le monde a besoin d’un régime spécifique adapté à la pathologie, adapté à ses choix, adapté à ses préférences en fonction des produits locaux, qu’il s’agisse de personnes bien portantes (enfants, adultes, adolescents, personnes âgées, femmes enceintes, femmes allaitantes) ou malades. Le plus important à retenir c’est de consommer local. Consommons ce qu’on a, consommons bio pour éviter les maladies chroniques et vivre longtemps.

Propos recueillis par Abel OZIH

Auteur
santé éducation
Rédacteur
Abel OZIH

La dénutrition est très fréquente chez les malades hospitalisés. Sa prévalence et ses conséquences sont sous-estimées. La dénutrition est en effet un facteur indépendant de morbi-mortalité, responsable de surcoûts hospitaliers importants. Nutritionn

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